Du 25 novembre 2006 au 27 janvier 2007 / Répression tous azimuts et résistance semi-clandestine

Du 25 novembre 2006 au 27 janvier 2007

Cinquième phase 

Répression tous azimuts
et résistance semi-clandestine

Après la rafle du 25 novembre, une vague de répression, plus sélective, s’étend sur toute la ville : la radio Mapache appelle à la dénonciation de son voisin, des camionnettes de la PFP accompagnées et précédées de paramilitaires parcourent les quartiers pauvres de la ville pour arrêter les leaders ou les membres du Conseil, la police pénètre dans les écoles pour arrêter les instituteurs, les sympathisants du parti d’Ulises Ruiz occupent des écoles et cherchent l’affrontement avec les enseignants. Notons cependant que les dénonciations sont rares, plutôt le fait de bureaucrates proches du gouvernement qui ont cherché à faire chanter leur voisin. Notons aussi que la population est intervenue pour défendre l’accès des écoles à la police.

Pourtant, les 28 et 29 novembre, se tient le Forum des peuples indiens d’Oaxaca, qui renouvellent leur soutien à l’Assemblée populaire des peuples d’Oaxaca et à son Conseil. Le 1er décembre a lieu la première manifestation après l’occupation de la ville par les troupes armées (police fédérale, police ministérielle, paramilitaires) et, le 10 décembre, la huitième megamarcha. L’APPO relève la tête et prend l’initiative de plusieurs manifestations populaires comme la noche de los rábanos, « la nuit des radis », ou la fête des Rois mages avec distribution de jouets apportés par la population aux enfants des prisonniers. Toutes ces manifestations se tiennent contre la volonté du gouvernement. Le 13 janvier, par exemple, la police de l’État réprime les familles de prisonniers qui occupaient les abords de la prison de Miahuatlán.

Les conseillers de l’APPO continuent à se réunir dans une semi-clandestinité avec quelques difficultés, cependant, beaucoup sont poursuivis par la police, d’autres se sont exilés, d’autres sont arrêtés, comme Flavio Sosa, un des leaders les plus en vue. Pourtant, les 27 et 28 janvier, la première assemblée des peuples de l’Isthme a lieu à Ixtepec, prélude à l’assemblée générale d’Oaxaca des 10 et 11 février.