VOCAL

 

VOCAL

Voix oaxaquéniennes construisant l’autonomie et la liberté

 

 

 

 

Nous, qui intégrons actuellement cet espace, sommes des individus autonomes, des collectifs libertaires, des lieux autogérés, des antiautoritaires, des organisations magonistes, des collectifs zapatistes, des groupes anarchistes, des barricadières et des barricadiers, des membres de l’Appo et des adhérents à l’Autre Campagne. Toutes et tous engagés dans l’actuel mouvement social d’Oaxaca.

 

Ce espace se conçoit comme un moyen pour rassembler les efforts autonomes du peuple d’Oaxaca mobilisé ; nous participons activement au mouvement social, appartenant ou non à des organisations structurées telles que l’Assemblée populaire des peuples d’Oaxaca (Appo) et nous nous préoccupons de maintenir notre mouvement social fidèle à ses principes d’autonomie et d’indépendance vis-à-vis des partis politiques, revendiquant l’assemblée souveraine comme la manière la plus juste et la plus harmonieuse de nous comprendre, de nous organiser de façon autonome et de nous autogouverner, où les accords ne se fondent ni sur la prédominance de la majorité sur la minorité, ni sur aucune autre façon d’imposer son point de vue comme celle communément exercée par le pouvoir de ceux d’en haut, mais bien dans une relation de respect mutuel entre toutes les composantes du peuple.

 

Dans cet espace, nous luttons pour la construction, le renforcement et l’alliance des autonomies, nous considérons en effet l’autonomie des peuples, des groupes, des collectifs, des individus, des organisations comme une alternative réelle d’opposition à l’actuel système de gouvernement autoritaire. L’autonomie, comme processus de construction d’autres réalités, montre qu’il y a une autre manière de changer les choses à partir de la source où les peuples décident de leurs propres modes de vie, et non à partir des institutions de pouvoir, qui se contentent de réformer les espaces oppressifs et répressifs comme les partis politiques produisant des tyrans, des caciques et tout cet autoritarisme que nous trouvons dans les personnes qui accèdent à ces espaces par le moyen de postes d’autorité. Pour cette raison les travaux de cet espace qu’est Vocal ne sont pas limités aux périodes électorales, avec elles et sans elles, l’autonomie avance dans l’organisation et la proposition d’une autre société possible.

 

Au stade actuel du mouvement, avec l’imminence des élections qui ont été présentées comme une possibilité d’obtenir la victoire, nous croyons qu’il est nécessaire que toutes les filles, les garçons, les femmes, les hommes, les peuples et régions de notre Etat qui ont rejoint et participé à ce grand mouvement pour l’indépendance et l’autonomie vis-à-vis des partis politiques, viennent avec nous, qui partageons cette idée, pour répéter que cette situation est circonstancielle et que nous devrons sortir de ce processus électoral plus forts, plus mûrs pour affronter les assauts des gouvernements qui servent les intérêts des maîtres de l’argent, les véritables responsables du malheur des peuples, comme Ulises Ruiz et Felipe Calderon entre autres.

 


 

L’assemblée générale de l’Appo des 10 et 11 février a décidé que l’Appo en tant que mouvement ne participerait pas au processus électoral, une décision respectueuse des principes de l’Appo, dans le sens où l’Appo ne se veut pas un parti politique, il fut convenu que les organisations qui le souhaiteraient pourraient y participer en vertu de leur autonomie en tant qu’organisations mais qu’aucun candidat ne pourra utiliser ni le nom, ni la relation de son organisation avec l’Appo pour sa campagne et que les conseillers qui participent au processus électoral devront laisser leur charge de conseiller avec un caractère irrévocable à partir du moment où leur candidature est acceptée par un quelconque parti politique, la participation de l’Appo se limitant strictement à appeler à un vote de sanction contre les candidats d’Ulises Ruiz et ses alliés.

 

Nous observons qu’à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Appo, le peuple mobilisé partage l’idée de conserver notre mouvement indépendant et autonome à l’égard des partis politiques, l’histoire de notre pays a démontré que tous les partis politiques en différents moments et circonstances ont réprimé et agi contre les intérêts légitimes du peuple. L’Appo, dans ses accords, a jugé que les partis politiques ne répondent pas aux besoins des gens et a réaffirmé que la lutte du peuple d’Oaxaca va au-delà d’un quelconque procès électoral. Les peuples d’Oaxaca, comme nous, connaissent l’importance que prennent la mobilisation et l’organisation comme moyen principal pour obtenir la victoire, pour cela, nous pensons qu’il est nécessaire de continuer la mobilisation dans tout l’Etat tous ensemble, entre les différentes manières d’appréhender la société et la résistance dans sa pluralité et ses différentes caractéristiques, Vocal est un appel à stimuler cette lutte.

 

La fraternité entre filles, garçons, femmes, hommes et le peuple en général ne se donne pas au moment d’une manifestation ou d’un meeting où la différence entre ceux qui prennent toujours la parole et les autres, ceux qui ne font qu’écouter existe nécessairement, ce lien doit se donner dans les colonies, les écoles, les villages, les communautés, les régions par la discussion et l’action; il revient au peuple mobilisé d’établir ce dialogue, à l’Appo, aux collectifs et aux personnes qui, comme nous, de manière indépendante participent à cette lutte, mais, c’est surtout du peuple que naissent l’organisation et la portée de cette lutte.

 

Nous voulons ce qui est en ce moment pour les gouvernements, les patrons criminels et les exploiteurs le pire délit, nous voulons la justice, la dignité, ne pas avoir peur d’exprimer ses idées, ne pas connaître la discrimination pour notre couleur, notre pensée, notre langue, nos goûts, nous voulons des aliments sains obtenus par notre travail, nous ne voulons plus que les riches nous volent, nous voulons utilisé notre énergie créative pour le bien commun, nous voulons la liberté pour nos prisonniers et prisonnières. Nous voulons être libre de choisir notre mode de vie et qu’ils ne nous imposent ni mensonges, ni violence, ni leur façon de gouverner, nous savons que ce que nous voulons est correcte et juste.

 

Nous cherchons à nous rencontrer fraternellement en cette lutte en bas, avec tous ceux et toutes celles, qui, en ville et dans la région, ont résisté avec nous contre ceux qui possèdent le pouvoir et l’argent, nous cherchons à unir par des liens fraternels nos expériences de la lutte jusqu’au dernier recoin de notre Etat, nous cherchons à partager nos idées et à échanger avec les hommes et les femmes d’Oaxaca.

 

Les Afro-Mexicains, Zapotèques, Mixtèques, Huaves, Triquis, Chatines, Chontales, Mixes, Mazatèques, Chinantèques, Cuicatèques, Ixcatèques, Chochos, Nahuas, Amuzgos, Zoques, Tacuates, ainsi que les habitants des colonies, les barricadiers et barricadières, enfants, maîtres et maîtresses d’école, ouvriers et ouvrières, paysans et paysannes, migrants et émigrants, jeunes, étudiants, homosexuels, bisexuels, lesbiennes. Tous ceux qui luttent pour un monde meilleur.