déclaration politique de VOCAL (30 avril)

Publié le par patxi

 

Déclaration politique de VOCAL sur l'agression paramilitaire qu'a subie la
caravane d'observation et de solidarité avec la commune autonome de San
Juan Copala le 27 avril 2010.

Les faits de violence du 27 avril dernier, au cours desquels la caravane
d'observation et de solidarité avec la commune autonome de San Juan
Copala, dont notre organisation faisait partie, a été attaquée à l'arme à
feu par le groupe paramilitaire de l'UBISORT-PRI et les compañeros Bety
Cariño Trujillo et Jyri Jaakkola assassinés, démontrent le degré de
violence et d'impunité grâce auxquelles se maintiennent au pouvoir
l'assassin Ulises Ruiz Ortiz, le parti gouvernant PRI et les caciques
locaux, ainsi que le paramilitarisme sur lequel s'appuie ce parti
politique dans les communautés indigènes et paysannes de l'État d'Oaxaca.

Hier 29 avril, vers midi, nos compañeros Noé Bautista et David Venegas,
membres de VOCAL, ont réussi à briser l'encerclement paramilitaire et
arriver jusqu'à la ville de Juxtlahuaca, où ils ont annoncé que les
compañeros journalistes de la revue Contralínea, David Cilia et Erika
Ramírez étaient toujours en vie, mais dans l'impossibilité de se déplacer
à cause des blessures par balles de David Cilia. Ils ont exigé une
opération de sauvetage ; grâce aux pressions exercées par les familles
d'Erika et David et leurs collègues de travail, ainsi qu'à la preuve de
vie constituée par la vidéo remise par nos compañeros aux familles,
celle-ci a finalement été réalisée hier avec succès et ces compañeros sont
en train de récupérer de l'agression subie.

Cependant, la récupération des corps des assassinés, les soins aux blessés
et le retour des disparus ne résolvent pas le problème fondamental de San
Juan Copala à cause duquel la caravane de solidarité et d'observation a
été organisée : l'état de siège et les assassinats impunis que le
PRI-UBISORT continue à perpétrer contre la commune autonome, avec la
totale complicité de l'État d'Oaxaca dirigé par Ulises Ruiz Ortiz. Depuis
novembre 2009 jusqu'à ce mois d'avril il y a eu dix-neuf assassinats
impunis contre des habitants de la commune autonome de San Juan Copala
commis par le PRI-UBISORT, qui en outre leur a coupé l'électricité et
maintient à l'entrée de la communauté un barrage empêchant même l'entrée
des femmes avec des aliments.

Pendant les journées qu'a duré la disparition des compañeros, on a pu
constater que les agressions armées contre la commune autonome de San Juan
Copala de la part du PRI-UBISORT sont récurrentes et permanentes. Que la
complicité du gouvernement de l'État est manifeste et éhontée, et nous
croyons fermement qu'il se prépare une agression paramilitaire de grande
envergure contre les habitants de la commune autonome de San Juan Copala.

Nous pensons que cette attaque paramilitaire et ce qui pourra advenir
ensuite ont pour objectif principal de détruire un processus qui recherche
l'unité de la nation triqui en s'appuyant sur l'organisation autonome d'un
peuple indigène qui a vécu pendant des décennies la division et la
violence entre frères, provoquées par les intérêts de contrôle politique
du parti d'État, le PRI.

Nous pensons que cette attaque est aussi dirigée contre tous les processus
d'autonomie des communautés et organisations qui dans l'État d'Oaxaca
luttent pour construire une forme de vie éloignée du pouvoir d'État et de
tous les partis politiques.

Nous rendons responsables de cette agression paramilitaire le PRI-UBISORT,
groupe armé qui a directement perpétré ces crimes le 27 avril, mais aussi
Ulises Ruiz Ortiz, coupable de tolérer jusqu'à la complicité l'existence
de ces groupes, et Eviel Pérez Magaña, candidat du PRI au poste de
gouverneur de l'État, car étant donné les macabres traditions du pouvoir à
Oaxaca, ces actes de violence font partie de la politique répressive dont
le candidat priiste au gouvernorat fait preuve face à la société afin de
garder le contrôle politique par la voie de la terreur.

Nous lançons un appel urgent aux compañeros du monde entier impliqués dans
la tâche de l'observation internationale à rester attentifs au processus
de lutte des peuples d'Oaxaca qui, comme l'a démontré la brutale embuscade
du 27 avril, se trouve dans une spirale de violence et d'agression
croissantes de la part du gouvernement et des paramilitaires.

Nous exigeons que l'assassinat des compañeros Bety Cariño, de
l'organisation de Droits humains CACTUS, infatigable combattante pour la
Terre-Mère, et de Jyri Jaakkola, observateur international pour la paix
dans la justice et la dignité, ne reste pas impuni ; que toute l'attention
que cette agression a suscitée parmi la société, les mouvements sociaux et
la presse aux niveaux régional, national et international se tourne vers
la cause qui nous a poussés à nous organiser et nous déplacer en caravane
ce fatidique 27 avril : ROMPRE L'ENCERCLEMENT AUTOUR DE SAN JUAN COPALA ET
EMPÊCHER UNE AGRESSION PARAMILITAIRE DE GRANDE ENVERGURE DE LA PART DU
PRI-UBISORT.

Nous exprimons également notre solidarité avec les compañeros Omar
Esparza, de CACTUS, et Jorge Albino, porte-parole de la commune autonome
de San Juan Copala, face aux menaces de mort qu'ils ont reçues de la part
de l'UBISORT et du gouvernement d'Ulises Ruiz.

Nous rendons responsables de toute agression qui pourrait survenir à
l'encontre des membres de notre organisation VOCAL Ulises Ruiz Ortiz, le
candidat du PRI au poste de gouverneur d'Oaxaca, Eviel Pérez Magaña, et
l'UBISORT-PRI.

Fraternellement,

VOIX OAXAQUÈGNES CONSTRUISANT L'AUTONOMIE ET LA LIBERTÉ - VOCAL

Oaxaca de Magón, ville de la Résistance, le 30 avril 2010.



Traduit par el Viejo.

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