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Vendredi 18 juin 5 18 /06 /Juin 21:06

Le rendez-vous manqué de Copala, suite.

 

 

 

Bulletin d’information, 8 juin 2010[1].

 

La commune autonome de San Juan Copala fait connaître sa position sur ce qui s’est passé aujourd’hui pour la caravane humanitaire « Bety Cariño et Jyri Jaakkola ».

 

Aujourd’hui 8 juin, la caravane humanitaire « Bety Cariño et Jyri Jaakkola » s’est vue dans l’obligation de ne pas entrer à San Juan de Copala et de laisser les plus de trente tonnes de vivres et d’aide humanitaire qu’elle voulait y livrer parce que les gouvernements de l’Etat et de la fédération, en complicité avec ce groupe de criminels qui maintient le siège paramilitaire autour de San Juan Copala, ont décidé de dresser un nouvel encerclement pour empêcher la mission d’atteindre son objectif.

 

Et, un peu plus loin :

 

La décision de la coordination de la caravane, composée de compañeros qui font partie des autorités de notre Commune autonome, a été d’avancer un peu plus loin que la communauté d’Agua Fria Copala, et d’analyser les conditions de sécurité à partir de là, car depuis Juxtlahuaca, la police et la ministre de la justice de l’Etat (de Oaxaca) nous avaient fait savoir qu’ils déclinaient toute responsabilité s’il se passait quelque chose et que ce serait de la responsabilité de la Caravane et de ceux qui y appelaient.

 

La décision de la retraite n’a pas été prise par la Commune autonome de San Juan Copala, mais par « la coordination de la caravane, composée de compañeros qui font partie des autorités de notre Commune autonome ». Ce n’est qu’après avoir eu confirmation de la présence de deux autorités de la Commune dans la coordination que « nous » (c'est-à-dire ceux qui, au sein de la caravane, étaient déterminés à forcer le passage) avons accepté, la rage au cœur, cette retraite. De son côté, la Commune nous attendait bien à Copala, j’en veux pour preuve « le communiqué qui n’a pu être lu à San Juan de Copala » et qui allait être diffusé par la suite[2]. Il se termine par ces mots : « Commune autonome de San juan Copala, 8 juin 2010, Jour glorieux où le siège paramilitaire a été défait par la solidarité. »

 

La lecture du bulletin d’information me met mal à l’aise : la Commune de Copala fait sienne cette décision de retrait, elle l’assume et elle nous fait même la faveur de ne pas laisser transparaître ce qui pourrait être une grande déception. Elle tente de tirer le peu qu’il reste à tirer de notre pusillanimité. Ce faisant elle est amenée à se perdre dans des circonvolutions rhétoriques pour démontrer encore une fois l’engagement de l’Etat du côté des paramilitaires, comme si nous devions ignorer le rôle joué par celui-là dans cette guerre dite de « basse intensité » menée contre la population de Copala. C’est ce côté propagande qui me met mal à l’aise, mais, effectivement, il ne reste plus que cela à sauver de notre échec. Le but de la caravane n’était-il pas, justement, de défier l’Etat, que nous tenons responsable de l’encerclement de Copala, et plus directement Ulises Ruiz Ortiz, l’autorité de l’Etat dans cette région ? Le communiqué qui n’a pu être lu à San Juan de Copala est beaucoup plus clair sur ce sujet, il ne se perd pas dans une redondance de dénonciations à caractère politique.

 

Les paramilitaires, les hommes de Rufino Juarez, chef des paramilitaires, sont payés par le gouvernement de l’Etat d’Oaxaca, les hommes de Rufino Juarez sont en réalité les hommes de main d’Ulises Ruiz Ortiz, gouverneur de l’Etat d’Oaxaca, dans cette partie de la Mixteca, l’Ubisort (l’Union pour le bien être social de la région triqui) a été créé par le gouvernement à la fin des années 90 et il reçoit des subventions importantes de la part de l’Etat d’Oaxaca. Chez ces gens là, le maître est celui qui paye.

 

Pourquoi écrire : Il a été clair que ni le gouvernement de l’Etat ni celui de la Fédération n’ont la capacité et la volonté de contrôler et châtier ce groupe criminel et paramilitaire, ce qui se passe dans la région n’intéresse aucun des deux gouvernements, ils n’arrêtent ni ne châtient les assassins, et maintenant ils les protègent même avec un encerclement policier et prétendent que les autorités de la Commune autonome et les membres de la caravane dialoguent avec eux et « leur demandent la permission » pour traverser le territoire qu’ils contrôlent par les armes et la menace, quand, en réalité, le gouvernement de l’Etat et celui de la Fédération sont, au plus haut point, intéressés par ce qui se passe dans la région, qu’ils ont l’entière capacité de contrôler ce groupe de criminels et de paramilitaires, et qu’ils n’ont absolument pas l’intention de les punir pour leurs crimes ?

 

Ce n’est pas que le gouverneur Ulises Ruiz ou Juan Sabines, le gouverneur du Chiapas, mettent de la mauvaise volonté ou montrent une certaine impuissance à contrôler et à mettre fin aux exactions des groupes paramilitaires, ces groupes sont financés et dirigés par les instances de l’Etat, ils sont l’émanation de la volonté d’Ulises Ruiz ou de Juan Sabines dans une guerre ouverte, mais qui se veut furtive (démocratie oblige), contre les peuples indiens et toutes les expressions de l’autonomie. Laisser entendre qu’Ulises Ruiz, Juan Sabines ou Felipe Calderón montrent seulement de la mauvaise volonté à régler la question de ces « assassins officieux », c’est entrer dans leur jeu, pour quel bénéfice ? Celui d’une ouverture au dialogue et à la négociation quand nous avons affaire à une obstination ? Celui de retarder une échéance ? Un réflexe de survie ? Pour quelque temps encore ?

 

Bien sûr, ni les zapatistes, ni les gens de la Commune libre de Copala ne sont dupes, ils savent très bien à quoi s’en tenir ; à travers ces interrogations, nous percevons seulement à quel point la situation de ces hommes et de ces femmes peut être tragique : acculés, ils sont amenés à faire feu de tout bois pour tenir, pour ne pas être écrasés sous la botte du puissant, au point d’en appeler sans cesse à la conscience morale d’une époque corrompue.

 

Le gouverneur d’Oaxaca avec le soutien inconditionnel du Président de la République, Felipe Calderón, entend mettre fin par tous les moyens, mais avec une certaine discrétion, au processus d’autonomie enclenché à Copala. L’échec de la Caravane n’annonce rien de bon, la voie est laissée libre aux assassins afin qu’ils en finissent une bonne fois pour toutes avec ce dernier noyau de la résistance, ce feu qui brûle encore, qui rougeoie toujours dans la tourmente, dernier mais tenace vestige de la Commune d’Oaxaca de 2006. Ce foyer dans la nuit, c’est l’abuelo fuego, le premier chamane ; les hommes et les femmes de pouvoir le voient comme une menace, la menace d’un incendie qui les emporterait, nous, nous y découvrons la chaleur d’un futur à inventer. Le meurtre, ce 20 mai (entre l’embuscade du 27 avril au cours de laquelle sont tombés Bety Cariño et Jyri Jaakkola et cette deuxième caravane) de don Timoteo Alejandro Ramírez et de son épouse, doña Tleriberta Castro Aguilar, est un signal fort, de type mafieux, qui ne trompe pas sur les intentions des paramilitaires et de leurs mandataires. Timoteo Alejandro était un leader respecté et écouté, il s’était trouvé à l’initiative du mouvement de libération du peuple Triqui à ses débuts, dans les années 80’.

 

Sur le chemin, lors de notre arrivée à la Sabana, les policiers de l’Etat étaient postés tout le long de la route et même, dans un effet grandiloquent, sur les flancs de la colline ; étrangement, ils tournaient tous le dos à la montagne, où devaient selon leur logique se cacher les paramilitaires prêts à attaquer, pour surveiller… les autobus de la Caravane. Dans ce jeu de poker entre Ulises Ruiz Ortiz et la société mexicaine, le but du gouverneur était d’empêcher coûte que coûte la caravane d’arriver à Copala, celui de la caravane était de briser le cercle et de faire valoir la solidarité et le droit à l’autonomie contre la guerre et la servitude. Un enjeu. Le gouverneur allait-il jusqu’à ordonner le massacre ou, du moins, à faire tirer sur les autobus ? C’est fort possible, ceux qui ont le pouvoir au Mexique semblent prêts à prendre les mesures les plus extrêmes pour briser les résistances et puis l’exemple d’Israël arraisonnant un bateau transportant des vivres destinées à rompre le blocus sur Gaza et tuant neuf personnes avec, je ne dirai pas l’assentiment, mais, disons, la « compréhension » des démocraties est là pour nous rappeler à la dure réalité de notre époque. Mais nous aurions pu tout de même tenter de forcer le passage, quitte à baisser la tête et à faire demi-tour dès les premiers coups de feu. Nous aurions mis au moins le gouverneur en porte à faux : ou il n’est pas maître chez lui, ou il est de connivence avec les paramilitaires. Ulises Ruiz a emporté la mise sans même avoir eu à montrer sa main.

 

Pourtant dans ce jeu de la guerre, Ulises Ruiz Ortiz avait peut-être un joker dans sa manche que je n’avais pas deviné ou perçu tout de suite, trop habitué à vivre mollement dans un pays où règne la paix sociale de la soumission : donner l’ordre de la fusillade pour, ensuite, avoir le prétexte rêvé de quelques morts afin de faire intervenir l’armée ; celle-ci aurait occupé en premier lieu la commune de San Juan Copala, mettant ainsi tout bonnement fin à son autonomie. Ulises Ruiz a-t-il prêté une oreille attentive à son stratège en guerre civile ? Dans son gouvernement, le chef de la sécurité est un ancien officier kaïbil, qui a fait ses classes dans la fameuse école des Amériques aux Etats-Unis pour ensuite participer à la guerre au Guatemala dans les forces spéciales, los kaïbiles, celles-ci ont acquis leur triste renommée sur des monceaux de cadavres. Je viens juste d’apprendre que le CISEN, c'est-à-dire les services d’intelligence militaire, avait sous le coude une note destinée à la propagande prétendant qu’un centre d’entraînement de la guérilla se trouverait à Copala. Cette désinformation, parue dans un journal, il y a deux ou trois jours, reste tapie, attendant le moment propice pour enfler la rumeur et justifier tous les crimes.

 

La ministre de la justice de l’Etat d’Oaxaca, María de la Luz Candelaria Chiñas, a accompagné la caravane de huit autobus en fin de parcours, elle avait avec elle une véritable armada de policiers (je n’ai pas eu l’idée de compter les camionnettes qui les transportaient), qui, dans les parages de la Sabana, s’est déployée le long de la route et sur les crêtes. La ministre était directement en communication avec le dirigeant d’Ubisort, Rufino Juarez, je suppose. Peu après Agua Fria, elle s’est mise d’accord avec lui : la caravane pouvait entrer à Copala à condition que l’Ubisort en prenne la tête !! Devant le rejet unanime d’une telle proposition, la police de l’Etat s’est alors retirée, pour être, un bref instant, remplacée par la police fédérale, qui a alors prétexté avoir entendu des coups de feu pour détaler. Les différentes instances de l’Etat nous laissaient face à des paramilitaires qu’elles prétendaient ne pas contrôler. Tout cela sentait le coup fourré à plein nez ; pour y échapper, nous n’aurions pas dû entrer dans le jeu des négociations : négocier avec l’Etat, en l’occurrence la ministre de la justice, la protection de la caravane. Nous avons perdu un temps précieux en pourparlers (nous sommes arrivés tard, en début de soirée, dans les environs de Copala) et surtout nous n’avons pas mis l’Etat au pied du mur, face à sa responsabilité, c’est l’inverse qui s’est produit, c’est lui qui a su mettre la coordination devant ses responsabilités.

 

Nous avons déjà eu l’occasion d’aborder ces questions de stratégie et de tactique[3]. Essayons de cerner un peu, cette fois-ci, les forces en présence et leurs dispositions. L’Etat a avec lui la force, la puissance de feu, une armée sans état d’âme, en guerre contre l’ennemi intérieur confondu avec les habitants, l’ennemi c’est le civil, toujours un peu fourbe, le civil aux multiples visages. Le but de l’Etat mexicain en tant qu’expression du pouvoir d’une oligarchie est d’asservir l’ensemble des habitants aux intérêts de cette oligarchie ; avec la signature du traité commercial entre le Mexique, le Canada et les Etats-Unis en 1992, les intérêts de cette classe se confondent désormais avec ceux des entreprises transnationales surtout d’origine nord-américaine. La résistance la plus forte vient encore du monde des campagnes et surtout des communautés d’origine indienne, qui ont gardé à travers ce que l’on appelle les usages et les coutumes une éthique sociale. Organisés autour des concepts d’autonomie et d’identité, ces peuples deviennent, comme l’écrit Hermann Bellinghausen[4], « des ennemis formidables pour le pouvoir néolibéral. Contre eux, les vieilles doctrines contre insurrectionnelles ne suffisent plus… Du Pentagone aux sociétés minières canadiennes, la stratégie des gouvernements et des entreprises est l’extermination. Ils reconnaissent dans les peuples le véritable et unique écueil, le plus dur à briser pour laisser libre cours à leur voracité prédatrice ».

 

La question pour l’Etat est la suivante : comment mener une guerre d’extermination sans trop effaroucher la société civile ? La société civile est cette part complaisante de la société qui donne une légitimité à l’Etat, celle d’un contrat social fondé sur le droit constitutionnel. Par exemple, l’Etat est garant du droit constitutionnel à la libre circulation sur l’ensemble du territoire mexicain. C’est sur ce droit que s’est appuyé la caravane et auquel a d’ailleurs en partie répondu l’Etat en la personne de María de la Luz Candelaria Chiñas, ministre de la justice de l’Etat d’Oaxaca. La société civile fait tampon entre l’Etat et les peuples mais, si elle est attachée à la question des droits de l’homme, elle reste en grande partie étrangère à la notion de droit collectif, ou du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Elle connaît en général un processus de décomposition et d’acculturation trop avancé pour percevoir dans la construction de l’autonomie un projet social émancipateur et novateur.

 

Afin de ménager cette part de la société, dite civile, qui le légitime, l’Etat a recours aux paramilitaires, force occulte qui trouve dans cette connivence avec l’Etat le moyen de satisfaire impunément ses intérêts particuliers. En général, ces groupes paramilitaires sont ancrés dans la région où ils sévissent, ils y représentent les intérêts d’une frange de la population. Les paramilitaires qui tentent de terroriser la population nahuatl d’Ostula dans le Michoacán sont issus de l’alliance objective entre les pseudo petits propriétaires métis accapareurs des terres communales de Xayakalan, les cartels de la drogue et l’Etat. L’exercice de l’autonomie à Ostula vient faire obstacle à d’ambitieux projets touristiques sur la côte pacifique du Michoacán. Dans la Mixteca Alta, où se trouve la Commune de Copala, les paramilitaires représentent la rencontre entre la survivance de l’esprit colonial[5] selon lequel les indiens sont corvéables à merci, les ambitions politiques des dirigeants de certaines organisations indigènes et des intérêts plus occultes, les paramilitaires attaquent où il y a des routes potentielles pour les narcos, les trafiquants de drogue, et les polleros, les trafiquants de travailleurs clandestins. Au Chiapas le puissant groupe paramilitaire de la OPDDIC[6] s’appuie essentiellement sur la soif de terre des paysans indigènes pour harceler les communautés zapatistes, derrière cet harcèlement, nous trouvons des projets touristiques et un plan d’envergure internationale présenté sous le nom de « Projet d’intégration et de développement de Mésoamérique ».

 

Les groupes paramilitaires sont bien implantés dans une région et ils surgissent à partir du moment où il y a convergence d’intérêts entre l’Etat et le particulier, cet enracinement dans une région permet à l’Etat de mener une guerre d’usure par personnes interposées, peu visible sur le plan national, contre les peuples indiens. Cependant la surprenante résistance des zapatistes au Chiapas, à Oaxaca, dans le Guerrero, dans le Michoacán, à Atenco, retrouvant, renforçant, construisant leur autonomie sociale face aux forces contraires de désagrégation et d’asservissement liguées contre eux a de quoi attiser notre curiosité, aiguillonner notre réflexion et réveiller notre solidarité et notre engagement.   

 

 

Mexico, le 15 juin 2010.

 

Georges Lapierre



[1] J’utilise, à quelques détails près, la traduction du bulletin faite par el Viejo.

[2] Traduit par el Viejo et diffusé par le CSPCL.

[3] Traduction du texte de Carlos Fazio, la brèche chiapanèque, premier texte sur Le rendez-vous manqué de Copala, texte sur les villes rurales ou l’antichambre de l’immigration

[4] Texte paru dans La Jornada du lundi 14 juin 2010 sous le titre Sin pueblos no hay Nación.

[5] Le 5 mai un groupe paramilitaire a assiégé Chalcatongo dans la Mixteca, semant la terreur parmi la population, le tord de Chalcatongo est d’être la terre natale du cacique Ulises Ruiz Ortiz et de l’avoir répudié lors de l’insurrection de 2006.

[6] Organización Para la Defensa de los Derechos Indígenas y Campesinos.

Par patxi
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Dimanche 13 juin 7 13 /06 /Juin 00:07

Communiqué de Soutien Solidaire Urgent à  

 la Commune Autonome de San Juan  Copala

Oaxaca - Mexique 

 

 

 

 


Aux peuples d'Amérique Latine et du monde,

Aux femmes et aux hommes qui rêvent d'un meilleur lendemain et d'un monde différent,

Aux mouvements sociaux et aux organisations démocratiques,

Aux organisations des droits humains nationaux et internationaux,

Aux compagnons des médias libres et alternatifs,

A l'Autre Campagne et à la Sexta Internacional,

Suite aux récentes attaques perpétuées à l'encontre de la Commune Autonome de San Juan Copala, qui est en état de siège et fait face à une situation d'urgence, la solidarité et l'action des peuples, des organisations et des individus du Mexique et du monde est nécessaire. L'espoir de construire un monde plus juste et plus humain réside dans le droit à l'autodétermination, la dignité et la justice.

San Juan Copala est encerclée depuis plus de six mois par des paramilitaires armés de l'organisation UBISORT, en lien avec le Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI). Les chemins sont bloqués, les habitants ne peuvent ni entrer ni sortir et se retrouvent sans électricité, sans accès à l'eau potable, aux soins et les écoles sont fermées. A cela s'ajoutent les tirs quotidiens des paramilitaires, de jour comme de nuit qui ont causé la mort de 21 personnes en cinq mois à peine.

Le 27 avril dernier, une première caravane a tenté de rompre le blocus frappant la communauté. A quelques kilomètres de San Juan Copala, la caravane a été mitraillée par l'organisation UBISORT, provoquant la mort de Bety Carino et de l'observateur international d'origine finlandaise, Jyri Jaakkola. En réponse à ces faits, dans différents endroits du Mexique et du monde, des actions et des manifestations ont eu lieu pour exiger que la lumière soit faite sur ces assassinats. Le gouvernement mexicain a éludé la question et le gouvernement de l'état de Oaxaca a fait preuve de cynisme face à l'urgence humanitaire.

Le 08 juin à 10h30 une seconde caravane humanitaire nommée « Bety Cariño y Jyri Jaakkola » est partie avec objectif de rompre le blocus paramilitaire et médiatique en emportant plusieurs tonnes de vivres et de médicaments. Cette caravane était composée de 150 personnes (43 organisations sociales et de défense des droits humains, des médias libres et des médias nationaux) réparties dans 8 autobus.

La caravane s'est vu bloquer le chemin aux abords de San Juan Copala, mettant ainsi en évidence les liens entre le gouvernement de l'état de Oaxaca d'Ulises Ruiz et les organisations criminelles, qui a préféré arrêter la caravane plutôt que démanteler un groupe paramilitaire en laissant la responsabilité de ce qui arriverait aux membres de cette caravane. Une fois de plus, la société civile solidaire se voit interdire d'apporter son soutien à un peuple qui cherche à forger son propre destin. L'Etat de Droit dont se targue le gouvernement fédéral de Felipe Calderón dans des rencontres internationales est réduit à néant.

C'est cette même attitude de l'Etat mexicain qui prévaut sur tout le territoire du pays, où une stratégie, militaire, paramilitaire, et psychologique réprime les luttes populaires pour la survie et la vie. Ces derniers jours, la répression et le silence du gouvernement se sont accentués lors des manifestations et grèves de la faim des travailleurs du Syndicat Mexicain des Électriciens, de l'expulsion des mineurs de Cananea (Sonora) et des familles de mineurs à Pasta de Conchos (Coahuila), des manoeuvres de division du mouvement des Pères de la crèche ABC (Sonora), du harcèlement des communautés et des bases d'appui zapatistes (Chiapas) grâce à un blocus médiatique généralisé au sein même du pays et en dehors.

Face à cette situation d'urgence sur le territoire Mexicain, nous convoquons les peuples, les organisations, les individus du monde, à exprimer et à faire vivre leur solidarité devant les ambassades et consulat dans leur lieux d'origine. Ces signatures sont mises à votre disposition pour être présentées à échelle mondiale, comme forme de pression et de rejet du mauvais gouvernement de Felipe Calderon Hinojosa et de Ulises Ruiz Ortiz ; fidèles représentants de la décomposition de la classe politique mexicaine.

Face à cette situation d'urgence nous exigeons :


Le retrait des paramilitaires de la région Triqui et de tout le Mexique !

Le respect à l'autodétermination du peuple Triqui et des peuples indigènes sur le territoire mexicain !

La vérité MAINTENANT sur l'assassinat de Bety Cariño et Jyri Jaakkola !

La vérité MAINTENANT sur l'assassinat de Timoteo Alejandro Ramírez et de Cleriberta Castro!

L'arrêt du harcèlement et de la répression du mouvement social mexicain !

La liberté pour les prisonnières et les prisonniers politiques !

Le jugement et la punition des coupables !

Non à l'impunité !


Solidarité et Action pour les Peuples du Mexique (Monde - Mexique)

 

Pétition: http://www.territoriomexicano.org/index.php?lang=fr

Par patxi
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Samedi 12 juin 6 12 /06 /Juin 23:47

LE COMMUNIQUÉ QUI N'A PAS PU ÊTRE LU À SAN JUAN COPALA

Nous publions ici le communiqué que nous allions lire dans la Commune autonome de San Juan Copala quand arriverait la caravane. Le 8 juin, nous n'avons pas réussi à briser l'encerclement paramilitaire et gouvernemental, mais nous continuons à briser l'encerclement médiatique et informatif. Merci de nous accompagner, compañeras et compañeros, et nous continuons à faire appel à la solidarité nationale et internationale pour poursuivre cette lutte, puisque nous ne reculerons pas d'un pouce jusqu'à ce que soit respecté notre projet de commune autonome.

COMPAÑERAS ET COMPAÑEROS SOLIDAIRES

BIEN LE BONJOUR

Les enfants, les femmes et les vieillards de San Juan Copala ont la joie au coeur et vous remercient tous de votre présence, vous qui laissez de côté vos tâches quotidiennes pour être ici, et tous ceux qui sans être présents physiquement sont ici quand même à travers leur solidarité dans la nourriture qu'ils nous envoient, dans la prière, dans les manifestations et les blocages de carrefours, et qui sont si importants pour nous en ce moment.

Vous pourrez tous vérifier que ce que nous dénonçons depuis des années est vrai, les nouveaux caciques économiques et politiques ne nous pardonneront jamais d'avoir décidé en 2006, à un groupe de communautés, d'en finir avec les abus et les injustices que nos communautés subissaient, et d'avoir donné la vie au Mouvement unificateur de la lutte triqui indépendant (MULTI), car la situation était devenue insupportable et les abus tous les jours plus cruels ; ils allaient de faire payer des amendes de milliers de pesos à qui commettait une faute minime jusqu'à l'assassinat de qui protestait pour cela (si les compañeros des droits humains et des médias veulent bien en porter témoignage, les habitants de Copala leur donneront des détails).

Comme beaucoup d'entre vous le savent, le MULTI a concrétisé son premier succès d'unité en janvier 2007, avec la création de la Commune autonome, qui a pour symbole ce bâtiment où nous nous rencontrons aujourd'hui. Nous l'avons créé, nous avons pris soin de lui avec pour seule idée d'améliorer les conditions de vie, mais aussi de gagner une paix qui mette fin à tant d'affrontements internes dans nos communautés ; en un mot, de marcher vers la paix dans la justice et la dignité.

C'est cela que n'ont pas pu supporter ceux qui s'étaient approprié notre décision et notre parole, mais le puissant qui cache son cynisme dans les palais de gouvernement ne l'a pas supporté non plus, et depuis lors ils ont fait alliance pour nous persécuter et nous assassiner comme si nous étions des délinquants. Cette féroce persécution a eu pour seul résultat d'enraciner davantage le projet d'autonomie dans nos communautés, car nous savons que ce qui dérange le puissant est par nature bon pour le peuple. Mais nous avons toujours été conscients que nous devions avancer par la voie civile et pacifique.

C'est pourquoi nous réaffirmons devant vous tous notre décision de continuer à construire, à n'importe quel prix, notre projet d'autonomie. Parce que nous sommes sûrs que ce sera un héritage de paix, de justice et de démocratie que nous léguerons à nos enfants pour qu'ils parviennent à se développer en respectant notre culture, notre histoire, et la
conservation de notre mère la terre. Nous avons comme référence les réussites de l'EZLN incarnées par les Conseils de bon gouvernement et les Communes autonomes, mais nous voulons signaler que nous ne sommes pas conseillés par eux ni par personne d'étranger à nos communautés, nous avons bien un groupe de compañeros qui nous soutiennent et nous facilitent le travail à la ville, mais ce ne sont que des accompagnateurs.

Nous soulignons que dans ce processus nous donnons la priorité à la récupération des droits des femmes et des enfants, nous sommes désireux d'en finir avec les abus que nous avons hérités en tant que culture.

Nous sommes prêts à dialoguer avec nos frères d'autres communautés triquis quand les conditions le permettront ; c'est-à-dire quand le mauvais gouvernement mettra ses pistoleros en prison, en leur infligeant le juste châtiment pour leurs crimes aberrants, et nous mettons pour seule condition que le dialogue ait lieu entre des représentants communautaires nommés par les assemblées, pour que soit représentée et respectée la voix de toutes les communautés. Pour cela, nous irons chercher, en son temps, d'autres gens, nos égaux, des compañeros indigènes regroupés dans le Conseil national indigène, pour leur demander respectueusement que ce soient eux qui remplissent la fonction de médiateurs dans ce processus.

Au moment adéquat, nous ferons connaître la structure à laquelle nous travaillons, et qui sera la direction politique de notre mouvement. Elle sera constituée par des coordinations qui seront nommées par rotation et dont le seul objectif sera de mener à leur terme les accords issus des
assemblées communautaires.

C'est pourquoi NOUS APPELONS :

Les compañeros des organismes de droits humains à créer un front commun, pour qu'ensemble nous surveillions le développement de ce projet.

Notre équipe de soutien en ville à continuer à accompagner les commissions que l'assemblée désignera, sans chercher, par cet accompagnement, à nous diriger, à nous manipuler, ou à usurper notre parole.

Aux compañeros zapatistes de l'EZLN, nous adressons un salut fraternel et nous confirmons que notre projet s'inspire des Conseils de bon gouvernement. Nous espérons atteindre, de manière civile et pacifique, quelques-unes des réussites que vous nous avez révélées possibles, et nous attendons l'occasion pour que vous nous communiquiez votre parole en
personne.

Aux compañeros de l'Autre Campagne, nous leur disons : nous aussi, nous sommes d'en bas et à gauche ; ne nous laissez pas seuls, les balles de l'oubli et du mépris tuent aussi entre égaux.
Nous ne voulons pas être un facteur de division ; nous croyons que le Mexique a besoin de tous ceux qui marchent en bas, mais unis.

Aux médias, nous leur demandons un accompagnement honnête et qui dise toujours la vérité. Nous sommes un mouvement social qui, de manière civile et pacifique, cherche à changer l'histoire d'injustices et d'abus auxquels notre peuple a été soumis, et sans prétendre vouloir nous mêler de votre travail, nous vous demandons de ne pas nous comparer aux criminels qui, méprisant leur histoire et leur culture indigène, louent leurs services d'assassins au puissant.

À notre grande nation qui s'appelle le Mexique, nous lui disons de tourner son regard vers nos peuples indigènes ; car nous sommes peut-être le dernier espoir de sauver le pays de cette longue nuit de douleur à laquelle nous a soumis le capitalisme, parce qu'en nous se trouve le savoir grâce auquel, à coup sûr, on peut créer un monde où tiennent de nombreux mondes.

VIVE LA CARAVANE BETY CARIÑO ET JYRI JAAKKOLA !
VIVENT TIMOTEO RAMÍREZ ET TLERIBERTA CASTRO !
VIVE LA DIGNE RÉSISTANCE DE CE PEUPLE LIBRE !

POUR UN GOUVERNEMENT QUI COMMANDE EN OBÉISSANT

RESPECTUEUSEMENT

COMMUNE AUTONOME DE SAN JUAN COPALA
8 JUIN 2010,
JOUR GLORIEUX OÙ LE SIÈGE PARAMILITAIRE A ÉTÉ DÉFAIT PAR LA SOLIDARITÉ


Traduit par el Viejo.

Par patxi
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Vendredi 11 juin 5 11 /06 /Juin 03:20

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Par patxi
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Vendredi 11 juin 5 11 /06 /Juin 02:43

Bulletin d'information, 8 juin 2010.

LA COMMUNE AUTONOME DE SAN JUAN COPALA FAIT CONNAÎTRE SA POSITION SUR CE QUI S'EST PASSÉ AUJOURD'HUI POUR LA CARAVANE HUMANITAIRE "BETY CARIÑO ET JYRI JAAKKOLA".

Aux organisations sociales, civiles, politiques, universitaires, indigènes, solidaires et soeurs qui constituent cette caravane appelée "Bety Cariño et Jyri Jaakkola",
Aux médias nationaux et internationaux,
Aux organisations de défense des droits humains,
Aux organisations et collectifs internationaux solidaires,
À l'Autre Campagne,

Aujourd'hui 8 juin, la caravane humanitaire "Bety Cariño et Jyri Jaakkola" s'est vue dans l'obligation de ne pas entrer à San Juan Copala et de laisser les plus de trente tonnes de vivres et d'aide humanitaire qu'elle voulait y livrer parce que les gouvernements de l'État et de la Fédération, en complicité avec ce groupe de criminels qui maintiennent le siège paramilitaire autour de San Juan Copala, ont décidé de dresser un nouvel encerclement pour empêcher la mission d'atteindre son objectif.

Le gouvernement de l'État, au travers de sa police et de la ministre de la Justice locale, a tendu un nouveau siège "gouvernemental" pour protéger l'UBISORT et empêcher cette caravane d'entrer à San Juan Copala pour remettre l'eau et la nourriture qu'on a pu collecter ces dernières semaines ; le nouveau siège imposé à présent à Copala dispose de la présence ouverte et publique de policiers de l'État et de la Fédération qui, au lieu de garantir la sécurité de cette mission et d'être présents à La Sabana pour assurer la libre circulation et la non-agression, ont décidé de protéger les assassins en alléguant que "les conditions n'étaient pas réunies", "qu'on avait entendu des coups de feu", et dans le cas de la ministre de la Justice qu'il "fallait parler avec l'UBISORT et les inviter à la caravane", et que seulement ainsi pouvait être garanti le passage vers San Juan.

Selon l'information interne de nos communautés que nous avons eue le long du trajet, un groupe nombreux de femmes et d'enfants de la communauté de La Sabana, membres ou sympathisantes de l'UBISORT, était en train de bloquer la route qui descend vers San Juan Copala, avec la claire intention de provoquer une agression de la part de la caravane ou de certains de ses membres ; après ce barrage de femmes et d'enfants se trouvait un autre barrage de roches de grande taille gardées par des hommes armés, peut-être les mêmes hommes armés qui ont assassiné nos compañeros Bety Cariño et Jyri Jaakkola, et à cause desquels on a tenté aujourd'hui de briser l'encerclement paramilitaire.

La décision de la coordination de la Caravane, composée de compañeros qui font partie des autorités de notre Commune autonome, a été d'avancer un peu plus loin que la communauté d'Agua Fría Copala, et d'analyser les conditions de sécurité à partir de là, car depuis Juxtlahuaca la police de l'État et la ministre de la Justice locale nous avaient fait savoir qu'ils déclinaient toute responsabilité s'il se passait quelque chose, et que ce serait de la responsabilité de la Caravane et de ceux qui y appelaient.

Nous avions pensé que la présence de la police fédérale visait à garantir notre sécurité, mais ce n'a pas été le cas, ils étaient là pour nous dissuader d'entrer à San Juan et pour nous dire qu'ils avaient entendu des coups de feu et que le mieux était de ne pas y entrer.

Ces coups de feu qu'ont entendus les policiers fédéraux, ce sont ceux qu'on entend quotidiennement et toute la journée à San Juan Copala, ce sont les coups de feu qui dévastent la communauté, qui ont réussi à faire partir des familles entières, et qui ont dissuadé d'y entrer les médecins, les instituteurs et les vendeurs de produits divers, imposant un état de siège par la voie des armes et de la violence.

Quelques personnes et organisations se sentiront sans doute déçues ou fâchées de ce qui s'est passé aujourd'hui ; nous, nous sommes pleins de rage et d'indignation, mais cette rage qui est dans nos coeurs d'avoir été empêchés d'arriver à San Juan Copala nourrit notre esprit pour continuer à nous battre : l'encerclement paramilitaire doit être brisé, cela n'a pas été possible aujourd'hui mais nous continuerons à essayer ; aujourd'hui nous n'avons pas subi une défaite, nous avons seulement décidé de ne pas exposer davantage de vies face à ces assassins impunis et de continuer à chercher les manières pour que les habitants de San Juan Copala puissent continuer à résister encore à cette lâche agression ; nous espérons qu'ils comprendront et respecteront cette décision, si douloureuse ou étrange qu'elle leur paraisse.

Il a été clair que ni le gouvernement de l'État ni celui de la Fédération n'ont la capacité et la volonté de contrôler et châtier ce groupe criminel et paramilitaire, ce qui se passe dans la région n'intéresse aucun des deux gouvernements, ils n'arrêtent ni ne châtient les assassins, et maintenant ils les protègent même avec un encerclement policier et prétendent que les autorités de la Commune autonome et les membres de la caravane dialoguent avec eux et "leur demandent la permission" pour traverser le territoire qu'ils contrôlent par les armes et la menace.

Si le gouvernement de l'État et celui de la Fédération ne peuvent garantir aux habitants de San Juan Copala la nourriture et les médicaments, la société civile avec le soutien de la communauté internationale devra chercher les mécanismes pour y parvenir, et les instances internationales joueront un rôle très important face à la carence totale de l'État à tous ses niveaux de gouvernement.

La caravane est composée par des personnes aux idéologies politiques les plus diverses, et par des personnes qui, en d'autres circonstances, n'auraient jamais pu marcher ensemble. Cette capacité de cohabitation et de respect montrée lors de la caravane est pour nous un succès, car elle n'a pu être engendrée que par l'humanité et l'affection envers nos soeurs et nos frères triquis qui se trouvent privés de leurs droits fondamentaux et en danger d'être assassinés à tout moment. Merci à toutes et à tous.

Après tout cela, la Commune autonome de San Juan Copala fait entendre sa voix à travers ce bulletin et signale que :

1. Les aliments et vivres que cette caravane allait livrer seront gardés à Huajuapan de León jusqu'à ce qu'on trouve la meilleure manière de les faire entrer et de les remettre aux familles de San Juan Copala.

2. À partir de demain, les autorités de notre Commune autonome entreront formellement en contact avec le Comité international de la Croix-Rouge ainsi qu'avec les diverses instances des Nations unies au Mexique, pour demander leur intervention dans l'envoi et la réception des presque 35 tonnes d'aide qui ont été réunies pour cette caravane.

3. Nous ferons pression et nous exigerons que le ministère fédéral de la Justice donne des résultats immédiats sur l'enquête concernant les faits du 27 avril, car par son inactivité il se fait complice des assassins paramilitaires.

4. Si nous ne pouvons pas livrer dans les semaines qui viennent l'aide humanitaire rassemblée aujourd'hui, nous appellerons à une nouvelle caravane humanitaire composée seulement de femmes de tout le pays et du monde solidaire, comme un geste de solidarité et de soutien à nos compañeras qui survivent aux conditions inhumaines imposées à San Juan Copala.

5. Nous exigeons la démobilisation et le désarmement immédiats du groupe paramilitaire UBISORT protégé par le gouvernement d'Ulises Ruiz Ortiz et par des politiciens liés au PRI de l'État d'Oaxaca.

6. Nous invitons les organisations civiles et sociales nationales et internationales solidaires avec notre cause à rester informées des actions et communiqués émis par la Commune autonome de San Juan Copala pour briser l'encerclement paramilitaire et obtenir la justice pour notre peuple.

Cette caravane rentre demain à Mexico pour informer toutes les organisations, les compañeros et compañeras solidaires qui se sont mobilisés pour que cette caravane puisse se réaliser ; nous les attendons sur la Grand-Place de la ville de Mexico à 15 heures pour les accueillir.

L'encerclement doit être brisé, peu à peu il s'use, les gouvernements ne peuvent maintenir davantage les assassins paramilitaires dans l'impunité, San Juan Copala doit revenir à la normale et exiger que les droits des peuples indigènes soient respectés.

COMMUNE AUTONOME DE SAN JUAN COPALA
CASIMIRO MARTÍNEZ AGUILAR

Traduit par el Viejo.

 

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Par patxi
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